Crois, et tu m'auras touché.
" Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu ?" (Jn 20,13.15).
Vous le connaissez pourtant bien, saints anges, celui qu'elle pleure et qu'elle cherche. Pourquoi donc raviver ses larmes en le rappelant à sa mémoire? Mais Marie peut donner libre cours
à toute sa peine et à ses pleurs, car la joie d'une consolation inespérée approche. Elle se retourne et voit Jésus debout, mais ne le reconnaît pas (Jn 20,14).
Scène remplie de charme et de bonté, où celui qui est désiré et cherché se montre et pourtant se cache. Il se cache pour être cherché avec plus d'ardeur, trouvé avec plus de joie, retenu avec plus de soin, jusqu'à ce qu'il soit introduit, pour y rester, dans la demeure de l'amour. (...)
Tu ne vois pas Dieu; crois et tu verras. Par ta foi, tu me toucheras, comme cette femme qui toucha la frange de mon manteau et fut subitement guérie (cf. Mt. 9,20-22). Pourquoi ? Parce qu'elle m'a touché par sa foi. Touche-moi de cette
main-là, cherche-moi de ces yeux-là, cours vers moi avec ces jambes-là. Je ne suis pas loin de toi; je suis le Dieu tout proche (cf. Dt. 4,7), parole dans ta bouche et dans ton cœur. Et quoi de plus proche de l'homme que son cœur? C'est là, tout à l'intérieur, que m'ont découvert tous ceux qui m'ont trouvé. Car ce qui est dehors ne concerne que la vue. Mes œuvres sont réelles,
et cependant demeurent fragiles et passagères; tandis que moi, leur Créateur, j'habite au plus profond des cœurs purs.
Anonyme du XIIIème siècle
